Jérémie Kuentz

Jérémie Kuentz

www.ArtPal.com/jekuentz

Le Big Bang a dégagé des forces, des ondes, des particules qui se dispersent, se concentrent, se répercutent, se structurent et se déstructurent encore pour créer de nouvelles formes. Issus les uns des autres, ces différents ensembles reliés dans l’espace et le temps, différent en fonction de leur échelle, de leur instant, de leur situation, de leur environnement : quarks en atomes, atomes en molécules diverses, matière en nébuleuses, nébuleuses en étoiles, étoiles en galaxies, galaxies en amas de galaxies. Des étoiles explosent, de nouvelles se condensent, gaz, liquides, minéraux, métaux…Des planètes gravitent, une atmosphère se dégage, des continents émergent. Des cellules se constituent, des bactéries s’organisent. Les organismes se complexifient, les espèces se développent, interagissent, se reproduisent, les spécimens se différencient, les populations évoluent, se multiplient ou s’éteignent, des réseaux neuronaux se ramifient, la perception, la mémoire, l’interprétation, l’anticipation, l’intention, des techniques apparaissent, le langage se parle, les images se dessinent, les mots s’écrivent, l’histoire progresse, les civilisations se développent, s’effondrent... On nous enfante, nous naissons, nous découvrons la société, on nous transmet des habitudes, des coutumes, des idées, des croyances, une culture, nous nous les approprions, nous nous exprimons, des sculptures sont produites, elles sont exposées et ensuite ? Quelles relations existent entre ces différents niveaux de réalité ? Quelles sont les représentations que nous en proposons dans les sciences et en art ? Ces objets cherchent à rendre perceptible une exploration de ces dimensions infiniment variables et s’en inspirent pour engendrer de nouvelles formes qui s’ajoutent à celles déjà apparues dans d’étranges, mais après tout naturelles, continuités et ruptures… A partir d’images en deux dimensions de sciences pour la plupart, glanées sur internet et d’autres tirées du quotidien, produites par des microscopes, des telescopes, des satellites, des ordinateurs ou encore des appareils photos, imprimées, reproduites, associées, par découpes et par plis, de façon semi-aléatoire, des volumes émergent. Ceux-ci interrogent notre rapport au réel, la manière dont nous le restituons, nous le transformons et nous changeons avec lui .

Jérémie Kuentz produit essentiellement des oeuvres en volume. Il pratique aussi parfois la peinture et le dessin. Il réalise ces objets à partir d’opérations simples telles que l’assemblage, le découpage, le pliage et emploie différents matériaux. Ses réalisations peuvent se présenter de façon autonome, se combiner ou encore intégrer leur environnement. À travers ses études et sa pratique personnelle, il s’intéresse très tôt aux multiples relations qu’entretient l’art à son contexte matériel, historique et social. Il commence par produire des installations dans le cadre urbain en collaboration avec d’autres. Il explore par la suite différentes pratiques telles que l’affiche ou encore la performance filmée tout en restant particulièrement attaché au développement d’installations in situ. Il interroge de façon récurrente la place de l’artiste et de la création dans la société actuelle. Il fréquente de façon assidue les divers espaces voués à l’art, publics, privés, associatifs, alternatifs. Il engage, dans le cadre universitaire, un travail de recherche-action concernant des initiatives artistiques collectives d’un point de vue esthétique et sociologique en se concentrant sur les influences réciproques qu’elles entretiennent avec l’environnement dans lequel elles s’implantent. Aujourd’hui, à 39 ans, enseignant les Arts Plastiques dans un collège en Seine-Saint-Denis, son travail de création se concentre sur des réflexions et des expériences plastiques à caractère épistémologique, autour des relations entre Arts Visuels et Connaissance, Sciences et Création, Développement technologique, Sociétés Humaines et Perception...



Phénomènes Morphogénétiques